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Le Leadership durable, ou comment diriger dans un monde VUCA

Auteur:David Ducheyne
Editeur:La Charte, 240 pages.
ISBN:978-2-87-403402-2
Prix:€29
Le leadership ne s'apprend ni en classe, ni dans les livres. Cet ouvrage proposé par le Chief People Officer de Securex vise à permettre à chacun de composer « sa propre recette » pour piloter les collaborateurs dans un monde versatile.

De nombreux observateurs s’accordent pour déclarer le leadership en crise. On assiste à la remise en cause de leaders en place mais, plus largement, c'est le leadership dans son principe, ou du moins dans sa conception actuelle, qui est également questionné. Dans un monde qu’on qualifie de VUCA - pour Volatility (volatilité), Uncertainty (incertitude), Complexity (complexité) et Ambiguity (ambiguïté), d’autres approches sont nécessaires, voire indispensables, pour apporter aux organisations de nouvelles habiletés. Question: comment faire en sorte que chacun, à son niveau, puisse faire preuve de leadership?

C’est à cette question que David Ducheyne apporte un éclairage original dans ce livre. Sa définition du leadership? Il le voit comme « un processus de mouvement vers une création de valeur opérée par des personnes qui ont confiance dans une autre, à un moment donné, car celle-ci se met au service d’objectifs plus élevés qu’elle-même ». Un processus auquel les personnes participent, certaines plus que d’autres. Et il y associe la notion de « durabilité » dans un équilibre à trouver entre 4 niveaux: soi-même, l’équipe, l’organisation et la société dans son ensemble.

« Les entreprises investissent énormément dans le développement des compétences en leadership, mais, pour la plupart, avec des méthodes très traditionnelles, observe David Ducheyne. On néglige par contre le point de départ essentiel, à savoir la personnalité et le caractère spécifique de l’individu : sa propre humanité, ses conceptions de ce qui est juste, équitable ; sa bienveillance ; sa recherche de réciprocité. La clé, c’est pour moi, que chacun puisse rester fidèle à ce qu’il est. »

Une certitude: la figure du leader « héros », charismatique, n’est plus à l’ordre du jour. C’est la vieille école, souligne-t-il. Dans un monde VUCA, plus personne ne peut être responsable de tout, décider de tout, être visible partout. Si le leader est 100% présent, il n’y a pas de place pour les autres. » Le « leader durable », à l’inverse, prend peu de place. Il sait se montrer moins présent, mais être là quand c’est nécessaire, selon les exigences de la situation. « Un équilibre difficile, concède-t-il. Dans l’entreprise, il se révèle encore très difficile de prendre de l’influence sans être visible. On constate que les profils introvertis ont du mal à progresser, alors qu’ils pourraient avoir les qualités pour être de bons leaders. Par nature, ils n’occupent pas toute la place… » Ce qu’on attend en termes de leadership n’est d’ailleurs pas très différents que ce soit à l’égard des dirigeants ou des personnes de l’équipe : « C’est la volonté de prendre la totalité de ses responsabilités, la capacité à faire preuve d’autonomie et d’agilité. »

Mais voilà: dans le cours d’une carrière, la personnalité subit nombre d’interférences. « Pour progresser dans l’organisation, il faut d’une certaine façon jouer le jeu de la culture ambiante. Si ce jeu l’exige, la personne doit s’adapter, et parfois se trahir. Quand on atteint un certain niveau, on a subi beaucoup d’influences qui font qu’il peut y avoir une érosion de ce qu’on est. » Résultat, indique-t-il, près d’un tiers des leaders finissent par perdre leur intégrité personnelle et dérailler. « Quand on demande aux gens s’ils ont travaillé pour quelqu’un dans ce cas, 56% répondent par l’affirmative. »

Aux yeux de David Ducheyne, la personnalité du leader devient plus importante que ses compétences. « Lorsqu’on interroge sur ce qui matérialise le leadership, on vous parle de celui qui sait écouter, qui accompagne, qui explique, qui se montre disponible en cas de difficulté, qui challenge de façon constructive, qui donne du sens… On ne parle pas de compétences, mais d’attitudes. Et l’on peut même pardonner un certain déficit de compétences s’il est compensé par une plus grande authenticité. » Comment préserver sa personnalité de cette « érosion »? David Ducheyne avance une série de conseils, basés sur l’étude de la littérature et sur des expériences vécues.

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