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Folles entreprises!

Auteur:Erwan Seznec
Editeur:Éditions Héliopoles, 160 pages.
ISBN:978-2-919006-62-5
Prix:€14,90
Le journaliste économique Erwan Seznec, sur un ton mi-sérieux, mi-caustique, propose un tour d’horizon des pathologies qui viennent perturber le fonctionnement des entreprises. Il invite à la lucidité. « La folie d’entreprise n’est pas une fatalité, écrit-il. Elle peut être soignée. Les résultats les plus spectaculaires sont obtenus en panachant les remèdes. »

Les entreprises sont-elles exposées aux maladies, comme les autres êtres vivants? Pour Erwan Seznec, la réponse, bien entendu, est oui. « On protège d’ailleurs depuis longtemps, avec plus ou moins de succès, leurs délicats neurones informatiques contre les infections virales. Tout un volet de la pathologie d’entreprise, en revanche, est aujourd’hui un champ en friche. C’est celui de la maladie mentale. Paranoïaques, boulimiques, psychopathes, mythomanes, schizophrènes, mégalomanes, ou encore dépressives: les entreprises folles sont parmi nous. »

L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère. Mais son propos interpelle d’autant plus qu’il l’étaie de références au cinéma, en soutenant la réflexion par des références de films — à voir ou à revoir. Mais comme le dit l’acteur et cinéaste Albert Dupontel, le cinéma est bien moins violent que le monde qui nous entoure…

Commençons soft, avec ce qu’Erwan Seznec considère comme étant le plus grand TOC d’entreprise, « le comportement reconnu absurde mais qui persiste néanmoins », un véritable trouble obsessionnel compulsif: le reporting. « Là où commence le TOC, c’est lorsque le reporting prend le pas sur la mission. » Mais il cite aussi l’obsession des économies sur les frais généraux, même si la démarche, même excessive a tout de même un sens, estime-t-il. Sans oublier les quelque 19.500 normes ISO, qui, bien souvent ne servent « ni à mieux travailler, ni à faire des économies. Cela sert, pour autant qu’on puisse le comprendre, à dire ce que l’on fait et à faire ce qu’on dit. »

L’entreprise souffre également de « syndrome amnésique » (ou « c’est bien la première fois qu’on entend parler de ce problème », mais « d’ailleurs, nos concurrents ont le même »), de « psychorigidité » (« un vaste programme de renouvellement — de la gamme, des services, des process — est dans les tuyaux, et il le restera ») ou de « trouble bipolaire » (exemple: « le poste que l’on vous a présenté en entretien d’embauche et pour lequel vous avez été recruté n’existe déjà plus le jour où vous entrez dans l’entreprise »).

Que celui qui n’a jamais été confronté aux petites névroses et folies furieuses reprises dans l’ouvrage lui jette la première pierre…

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