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Dix concepts pour penser le nouveau monde du travail

Auteur:Daniel Mercure & Mircea Vultur (dir.)
Editeur:Presses de l'Université Laval, 250 pages.
ISBN:978-2-7637-3495-8
Prix:€24
Nos concepts usuels de sociologie du travail ont été largement forgés durant la période des Trente Glorieuses, à l’intérieur de cadres nationaux et culturels précis. Ce livre revisite les notions de salariat, d’organisation du travail, de contrôle ou encore de qualifications et de compétences au regard de la métamorphose actuelle du monde du travail.

Que signifie aujourd’hui, par exemple, « conflit », « compétence » ou « rapport au travail »? Quelles dimensions doivent être ajoutées ou soustraites aux concepts bien établis, ancrés dans un contexte historique très marqué — celui du fordisme des années de croissance d’après-guerre — afin de comprendre de manière plus adéquate la nouvelle réalité du monde du travail? Notons de plus que maints concepts, dont l’utilité et la portée théorique se situaient il y a quelques décennies à la marge des activités dominantes, prennent aujourd’hui un poids déterminant. Celui de « précarité » en est un exemple patent.

Au cours des dernières décennies, de nombreux changements économiques, politiques et culturels ont bouleversé la nature du travail, la manière de l’organiser ainsi que la relation d’emploi. Ces transformations nécessitent de revoir, de critiquer et d’actualiser les principaux concepts à partir desquels la sociologie analyse le monde du travail, estiment les auteurs, Daniel Mercure, professeur titulaire au Département de sociologie de l’Université Laval, et Mircea Vultur, professeur titulaire à l’Institut national de recherche scientifique de Québec.

L’objectif du livre est d’interroger, à la lumière des transformations actuelles du monde du travail, un certain nombre de concepts clés, d’examiner leur pertinence analytique, leurs atouts et leurs faiblesses et de proposer des concepts novateurs susceptibles de mieux rendre compte des réalités contemporaines. Deux perspectives sont privilégiées par les auteurs qui ont collaboré à cet ouvrage : une perspective critique, qui consiste à mettre en question les assises des concepts existants; une perspective analytique, qui vise à arrimer les concepts établis aux nouvelles réalités, ou encore à en proposer de nouveaux, selon une logique de pertinence actuelle ou de logique prospective, attendu les nouvelles tendances repérées dans le monde du travail. Les auteurs se sont donc efforcés de présenter l’origine, le contenu et la pertinence actuelle du concept qui leur fut assigné, de même que ses limites.

Chacun des chapitres se révèle, à sa façon, interpellant pour le DRH. Ainsi, par exemple, celui sur la notion de contrôle du travail décortique ces nouvelles techniques de mobilisation des subjectivités et de contrôle du travailleur. Il montre que la rationalisation dans certains secteurs d’activité, avec son contrôle direct sur le travail, conduit le capital à ruser avec les travailleurs en revenant au tâcheronnat des siècles passés, ce que d’aucuns dénomment l’ubérisation du travail. Le chapitre sur les temporalités du travail montre quant à lui comment la différenciation des temporalités professionnelles et sociales s’inscrit dans une tendance à la polarisation sociale: une minorité de travailleurs, parmi les plus qualifiés, semble bénéficier de formes de flexibilité temporelle qu’ils contrôlent, tandis qu’une fraction croissante de salariés paraît en subir des formes contraintes.

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