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Dialogue social

Auteur:Hubert LANDIER
Editeur:Editions L’Harmattan , 188 pages.
ISBN:978-2-343-05996-9
Prix:€19
Le dialogue social constitue un facteur de performance, mais il ne peut s'improviser, explique Hubert Landier. Son livre est un plaidoyer en faveur du bon-sens managérial.

La référence au « dialogue social » fait partie aujourd’hui du discours obligé de tous les leaders politiques, patronaux et syndicaux. Mais reste à savoir de quoi l’on parle, relève Hubert Landier : « Trop d’arrière-pensées apportent leur lot d’ambiguïtés. Pour l’homme politique, le dialogue social constitue un gage de bonne volonté. Pour le syndicaliste, c’est une source de pouvoir. Pour le manager, une affirmation visant à se laver de toute accusation d’autoritarisme. Pour les uns et pour les autres, il s’agit donc d’une façon de tirer la couverture à soi et d’un prélude à une mise en accusation des autres, dont le comportement ne serait pas conforme au principe du dialogue social. »

Professeur associé à Propedia-Groupe IGS et vice-président de l’Institut International de l’audit social, Hubert Landier ouvre le livre avec la dénonciation des fausses conceptions du dialogue social afin d’en dégager la ‘véritable philosophie’. « L’entreprise se définit comme le lieu d’une mise en commun de moyens matériels et immatériels en vue d’un projet commun. Ce projet demande à être constamment repensé par ceux qui en sont partie prenante. Ou plutôt : les parties prenantes doivent constamment s’accorder sur les moyens à mettre en oeuvre afin de poursuivre l’action qu’elles mènent ensemble. Et chacun doit trouver son intérêt dans sa participation au projet. Le dirigeant légitime, autrement dit celui dont la parole et les décisions feront autorité, est celui qui est considéré comme compétent et qui agit conformément au bien commun après avoir enrichi celui-ci du point de vue des différentes parties prenantes moyennant un processus permettant à celles-ci de se faire entendre selon les règles de fonctionnement qui auront été convenues. »

Mais le dialogue social, parmi d’autres formes d’échanges et de débats en vue de l’action, n’est pas uniquement question de principe, souligne-t-il. « Il répond également à un souci d’efficacité. Il s’agit de mettre en commun les informations et avis éparpillés entre des points de vue hétérogènes. Le dialogue social constitue un facteur de performance dans la mesure où il suscite une dynamique à laquelle chacun contribue et de laquelle chacun trouve sa juste rétribution. Il s’agit de trouver le juste équilibre qui permettra de bâtir une solution dont la mise en oeuvre permettra à chacun de sortir gagnant. »

Une partie de l’ouvrage est consacrée aux principaux obstacles à la pratique du dialogue social dans l’entreprise ainsi qu’aux solutions innovantes de nature à conduire à son amélioration. « Le dialogue social, c’est d’abord au niveau de l’atelier que ça se passe, indique Hubert Landier. Affirmer qu’il n’y a pas d’autre dialogue possible qu’entre représentants des organisations syndicales et patronales revient à commettre une sorte de hold-up au détriment des hommes et femmes d’entreprise pour lesquels le dialogue est à la fois naturel et quotidien. » Or, pour la plupart des managers, le dialogue social est loin de constituer une priorité. « Ce qui compte d’abord, c’est d’atteindre les objectifs opérationnels chiffrés qui leur ont été fixés. La communication vient après, ‘quand on aura le temps’. Le dialogue social tend même souvent à être considéré comme une aimable foutaise, à confier d’urgence à la DRH, loin de ce qui est sérieux, à savoir d’atteindre les fameux résultats opérationnels chiffrés. »

Erreur, écrit-il : « La base du management est de se préoccuper des petites choses, celles qui comptent aux yeux de l’homme au travail, et non pas seulement de haute stratégie ou de résultats chiffrés. » Hubert Landier observe par ailleurs que les techniques de veille sociale ne s’improvisent pas. « Le dialogue social suppose, de part et d’autre, le développement de compétences qui sont largement fondées sur l’intuition personnelle et sur l’expérience. L’une et l’autre, toutefois, gagnent à pouvoir s’appuyer sur la connaissance et la mise en oeuvre des techniques de veille. L’écoute est un préalable de la négociation. »

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